Rentrée 2021, imposons une autre politique


Les personnels de l’Éducation nationale terminent cette année scolaire épuisés.

Épuisés par la gestion catastrophique et cynique de l’épidémie par leur ministre, épuisés par l’absence de moyens et de protections pour assurer l’ensemble de leurs cours pour l’ensemble de leurs élèves, épuisés par les ordres et contre-ordres incessants, épuisés par des programmes que le ministère s’est refusé d’adapter, épuisés par les prises de décisions au dernier moment sur les examens.


Alors que les personnels faisaient front pour permettre que l’École tienne, Jean-Michel Blanquer a nié la réalité de l’épidémie dans l’éducation et refusé les embauches massives qui auraient permis de dédoubler les classes. Pire, il a accentué sa politique réactionnaire de tri social des élèves et mis en place une parodie de dialogue social avec son « Grenelle de l’Éducation » dans le but d’individualiser les carrières, d’imposer un management digne des pires travers du privé et d’attaquer les libertés pédagogiques.



Sa politique n’est qu’une pierre à l’édifice gouvernemental de casse des cadres collectifs au profit du capital : loi de transformation de la Fonction publique, projet de réforme des retraites, réforme de l’assurance chômage.


De même son autoritarisme colle parfaitement à la dérive autoritaire qui nourrit la fascisation de la société : état d’urgence sanitaire, couvre-feu en temps de paix, loi sécurité globale, loi sur le respect des «principes» de la République, fichage sur la base des opinions politiques et syndicales, intégration de mesures d’état d’urgence dans la loi ordinaire, atteintes à la liberté de manifester…


Nous ne devons pas laisser faire cette politique antisociale et attentatoire à nos libertés fondamentales. Si le contexte épidémique et liberticide n’a pas permis leurs convergences, les luttes existent, contre les plans sociaux, pour l’hôpital public, à EDF. Les mouvements contre la réforme des retraites et celle de la santé, historiques par leur durée, ont montré la capacité de mobilisation des travailleurs et travailleuses, à condition que leur soient offertes des perspectives de lutte.


Dans notre secteur, nous subissons depuis trop longtemps l’austérité budgétaire, les réformes structurelles, la casse des services publics et des cadres collectifs. L’épidémie a mis en lumière la gravité des inégalités sociales et scolaires et la faiblesse des services publics dans le pays. Cela doit nous aider à inverser le rapport de force.


La CGT Éduc’action prendra ses responsabilités, dans le cadre intersyndical le plus large possible, pour construire, dès septembre, une mobilisation d’ampleur et durable, pour un plan d’urgence pour l’École, l’amélioration des conditions de travail et des salaires et l’abrogation des réformes Blanquer et de la Fonction publique.


A retrouver dans la revue PEF 169 de juin 2021 : ICI