Mentorat et développement des classes «P-Tech »

Dernière mise à jour : 16 déc. 2021

Décembre 2021

Conçus par IBM aux États-Unis, ces Partenariats Public Privé (PPP) visent à « coacher » des élèves de la seconde professionnelle jusqu'à l'obtention de leur BTS avec du mentorat et des stages, dans l'enceinte d'un lycée professionnel. Des expérimentations ont été menées en France, depuis 2019, avec IBM, Orange et BNP-Paribas. Lors de la "première université école-entreprise" qui a eu lieu à Poitiers les 6 et 7 octobre 2021, Blanquer et Frérot (patron de Véolia) ont dit leur volonté de voir se développer ces formes particulières de PPP qui sont un moyen de faire entrer encore plus l'entreprise dans les LP. Depuis cette rentrée, on assiste à une volonté de développer cette expérimentation.

Du côté des textes : Accord-cadre sur l’établissement d’un partenariat pour le développement et le soutien de « classes P-TECH »

Dans l’accord-cadre (en PJ) les paragraphes consacrés aux rôles et responsabilités de l’entreprise sont très parlants à ce sujet (pédagogie et financement des établissements sont concernés) :

Cela concerne généralement, au départ, une classe de seconde par établissement. Par exemple, ici au LP de La Garenne-Colombes dans l'académie de Versailles. http://www.lyc-tournelle-garenne.ac-versailles.fr/classe-ptech/ onglet spécifique Classe P-TECH dans le menu.

Dans la pratique, il est difficile d’établir ce type de partenariat pour l’ensemble des élèves d’une classe (manque de mentors, tous et toutes ne poursuivront pas des études…). C’est pourquoi l’expérimentation est proposée aux établissements ciblés; uniquement sur un nombre réduit d’élèves et ne débouche pas forcément sur la mise en place d’une classe P-TECH. Sous ce prétexte, certain·es chef·fes d’établissement tentent d’imposer ce dispositif sans qu’il soit soumis au vote du CA.

L’aspect financier que revêt ce genre de partenariat n’est pas à négliger : les entreprises « mettent » de l’argent sur la table si elles signent. Or l’assèchement des finances des LP est tel que l’idée est tentante…

L’offensive du patronat pour accréditer le mythe que l’entreprise formerait mieux que le lycée

professionnel revêt d’autres formes qui nécessitent aussi un vote du CA :

• Intervention de l’Institut de l’entreprise qui intervient dans les lycées profes-sionnels via des « ambassadeurs de l’entreprise » qui incitent notamment à l’apprentissage.

• Dans le cadre du chef-d’oeuvre se mul-tiplie ce type de partenariat (exemple en Nouvelle-Aquitaine où 13 LP et 2 EREA de la filière bois ont signé des partenariats avec Amundi, Cartier, Groupama).

• Multiples signatures de « partenariat » avec des entreprises privées et des institutions de l’État (Marine Nationale...).


La CGT Éduc’action dénonce cette offensive du patronat qui, avec la compli-cité du ministère, impose ses dogmes libéraux dans la voie professionnelle. Au-delà de dire que l’entreprise est plus formatrice que le lycée, son objectif est de satisfaire ses besoins d’employé·es avec une vision court-termiste des emplois et une formation reposant essentiellement sur les compétences et non sur la qualification et le diplôme. Cette stratégie remet en cause l’existence des grilles de classification et les garanties salariales qui y sont attachées.


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