Lycées Généraux et Technologiques Redonnons du sens à nos métiers et au lycée

De mémoire de salle des profs de LGT, jamais autant de collègues n’ont envisagé une mutation en collège ou une reconversion professionnelle. La mise en place de la réforme du lycée depuis 2018 a cassé tous nos repères :

La part croissante du contrôle continu change notre rapport aux élèves, placé·es en évaluation permanente, et le fonctionnement des équipes. Les PLE ont montré les tensions et les dangers d’une impossible harmonisation.

La valeur du diplôme du Bac semble dérisoire face aux résultats des admissions des élèves sur Parcoursup. Or, si nous savions préparer nos élèves à un examen national, nous ne pouvons pas les préparer à une orientation réussie puisque chaque établissement du supérieur détermine ses conditions.

Les enseignant·es se sentent de plus en plus isolé·es. Les équipes pédagogiques à 30 ou 40 dans des groupes classes éclatés n’ont plus de sens. Cet isolement se ressent aussi chez les élèves.

La mise en concurrence s’accentue entre les personnels : raréfaction des moyens de dédoublement ou de groupes allégés, « attractivité » des groupes de spécialités, notamment sur la base des moyennes attendues par les élèves…

L’alourdissement des tâches d’orientation des élèves (appréciations diverses à porter sur les bulletins, livrets scolaires, et Parcoursup) et les nouvelles « certifications » (PIX et langues) nous épuisent et réduisent notre disponibilité pour le coeur de notre métier : construire des savoirs de haut niveau pour l’ensemble de nos élèves.

L’éclatement du calendrier (épreuves de spécialités dès le mois de mars, diversité des épreuves de langues, Bacs blancs souvent seulement hors tronc commun…) et la course aux programmes renforcent le sentiment de ne jamais parvenir à faire correctement notre métier, notre isolement et la difficulté à construire du collectif. Élèves et enseignant·es sont entrainé·es dans une course du vitesse générant beaucoup de stress.




Les chiffres du ministère confirment nos prévisions : la réforme du lycée a fait économiser plus de 2 500 postes au ministère. Et des DHG en forte baisse contribuant à dégrader encore plus les conditions d’apprentissage...

Presque plus de dédoublements ;

 « Groupes » de tronc commun et de spécialité souvent à 35, idem pour les langues ;

Augmentation mécanique du nombre de classes pour les enseignant·es mais aussi de la classe de provenance des élèves : en moyenne, un·e prof de SES a des élèves venant de 12 classes ; en maths de 8 classes ;

Multiplication des heures supplémentaires au détriment de la création de postes.




Comme le « collège unique » de 1975 avait été bâti sur le modèle du lycée, le lycée Blanquer a été conçu sur le modèle de l’université : il s’adresse aux élèves les plus autonomes, maîtrisant le mieux les attendus de l’École et dont le capital culturel est le plus en accord avec les attentes universitaires. Pour les autres, il accroît les difficultés : beaucoup d’implicite dans les apprentissages et dans le parcours d’orientation, concurrence entre élèves via Parcoursup et la sélection à l’entrée des universités.

Pour les personnels, il accroît la charge de travail, multiplie les missions liées à l’orientation au détriment des apprentissages. En définitive, il produit une perte de sens du métier. Un lycée qui pénalise la majorité des élèves et des personnels ne peut pas être une réforme utile.


La CGT Éduc’action revendique :

  •  des effectifs à 24 élèves maximum en classe entière pour des raisons pédagogiques au-delà même des raisons sanitaires ;

  •  des dédoublements et des heures à effectifs réduits définis nationalement et non pas laissés « à l’autonomie des établissements » ;

  •  le retour à un baccalauréat en contrôle final et la suppression de la sélection à l’entrée de l’université ;

  •  l’abrogation de la réforme en cours du lycée qui trie par la spécialisation, qui met en concurrence et qui isole en brisant en grande partie le groupe classe.

Via une unification progressive des trois voies du lycée (professionnel, technologique et général). Cela implique :

  •  un changement de politique d’encadrement : une direction élue donnant plus de place à l’auto-organisation des équipes ;

  • une réduction de la taille des établissements et leur transformation en véritables lieux de vie pour les personnels et les élèves ;

  • de véritables espaces démocratiques pour les élèves : le lycée doit donc être un lieu où les initiatives des lycéen·nes sur le plan de la construction de projets associatifs, culturels, sportifs ou de l’activité syndicale doivent avoir les moyens de s’exprimer.



Au moment des répartitions des Dotations Horaires Globales (DHG), le discours de l’administration est toujours le même : on ne discute que de la répartition et pas de l’enveloppe des moyens. On nous propose donc de « répartir la misère ». La CGT Éduc’action propose une autre logique : PARTIR DE NOS BESOINS...


constituez le nombre de classes à 24 nécessaire et calculez vos besoins minimum (exemple : horaires planchers par seconde GT = 26,5h ; 14h en 1ère générale ; 15,5h en terminale générale)


en première et terminale, identifiez le nombre de groupes de spécialités dont vous avez besoin et ajoutez-les (4h par spé en première, 6h en terminale) toujours sur une base de 24 élèves max.


identifiez les dédoublements qui vous semblent nécessaires même avec des classes à 24 (heures en SVT, physique-chimie, besoin d’accompagnement particulier dans telle ou telle discipline…) et ajoutez–les


identifiez enfin les options de l’établissement et ajoutez-les



Ainsi, vous aurez identifié vos besoins réels pour des classes à 24 élèves. Portez cette proposition auprès des collègues et des usager·ères en demandant les moyens supplémentaires (l’écart entre vos calculs et la DHG fournie par le recteur). Essayez aussi de basculer un maximum d’Heures supplémentaires en Heures Postes. N.B : Dans la mesure du possible, il faut aussi préserver les groupes classes au lieu d’éclater les groupes de spécialités. Si cela implique des classes à moins de 24, n’hésitez pas à vous en servir !


Mobilisons-nous pour obtenir des moyens ambitieux en lycée
Le moment crucial de l’arrivée des dotations horaires s’anticipe, sans attendre d’hypothétiques améliorations. Même une improbable « faveur présidentielle » ne compensera pas les pertes. Dès à présent, commençons à préparer la mobilisation dans nos établissements.
Saisissons-nous de cette période pour construire une mobilisation d’ampleur !


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