Les concours de recrutement vivent leur dernière session


Les concours de recrutement vivent leur dernière session.


À partir de septembre prochain, ils se dérouleront en fin de M2 et seront profondément remaniés. Comme on pouvait le craindre, la formation soi-disant «de terrain» se traduit par une explosion de contrats précaires à 1/3 temps devant élèves en M2 MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation) qui seront juste des «bouche-trous».


Les étudiant∙es vont vivre un véritable enfer en M2 avec la responsabilité en classe, un Master à préparer, un mémoire à rédiger et un concours difficile à passer…



Tout ça pour 664€ nets par mois ! Les tuteurs et tutrices de terrain vont également être précarisé∙es puisqu’on va leur demander un travail équivalent au suivi actuel des stagiaires mais pour une rémunération divisée par deux (600€ par an au lieu de 1200€).


Cette réforme vise également à formater davantage les futur∙es professeur·es. Les documents qui précisent la nouvelle épreuve d’entretien «professionnel» confirment bien qu’on est dans une vision stéréotypée de l’Éducation.


Que répondra, par exemple, un∙e candidat∙e à la question suivante ?


« Interpellation ou question d’un élève mettant en jeu le devoir de réserve ou l’obligation de neutralité de l’enseignant. Par exemple, demande de l’opinion ou des choix de vie personnels de l’enseignant sur un sujet particulier en lien avec une thématique abordée dans le cours ; référence faite en classe à une prise de position de l’enseignant sur les réseaux sociaux ou dans les média, etc. »


Sois prof et tais-toi !


Antoine Boulangé


A lire dans le PEF 169, juin 2021. Téléchargez le PDF