Déclaration de la CGT Educ'action Bretagne au Comité Technique Académique de Rennes du 29/03/2022

Dernière mise à jour : 8 avr.


Déclaration de la CGT ÉDUC’ACTION BRETAGNE au Comité Technique Académique de Rennes du 29 mars 2022 Monsieur le Recteur, Madame la Secrétaire Générale, Mesdames, Messieurs, Tic, tac, tic, tac...le compte à rebours est lancé ! Ce CTA se produit dans une période exceptionnelle, à la veille d’une élection présidentielle, et à une triste période où notre continent rebascule dans une guerre qui ébranle les démocraties et risque de faire plonger nos économies, impactant avant tout le « pouvoir d’achat » des populations les plus fragiles, les entreprises et actionnaires n’ayant visiblement pas à redouter une disette, le « quoiqu’il en coûte » coule toujours dans le même sens.

Mais revenons sur l’échéance électorale.

Jamais la menace d’un retour au pouvoir de politiques clairement d’extrême droite n’a été à ce point à l’ordre du jour, depuis 1944. Sombre époque qui s’était conclue, et nous, la CGT, en sommes partie prenante, par les Jours Heureux : un projet de société basé sur la Sécurité sociale (et la cotisation), c’est à dire la sécurisation de tous les moments de la vie de nos concitoyen-ne-s, avec un rôle majeur des organisations syndicales, puis du paritarisme et enfin d’un État arbitre bienveillant pour les populations. Vous l’aurez compris, l’extrême droite qui menace de parvenir à la direction de notre pays, n’a qu’à poursuivre la piste néolibérale autoritaire que 5 ans de macronisme ont largement tracé.

Les faits sont éloquents :

- L’affaiblissement des organisations représentatives des personnels, placardisées par la Loi de Transformation de la Fonction Publique, au lendemain même des élections professionnelles qui, excusez du peu, avaient donné aux syndicats une légitimité largement plus forte que celle que notre omni-président avait pu totaliser, au 1er tour comme au second tour de 2017, est symptomatique. Cet ostracisme des syndicats n’est pas neutre, il traduit bien la volonté populiste que le Président veut se passer des corps intermédiaires pour gouverner, seul, et seulement seul. Mais ce fonctionnement extrêmement brutal, qui rompt avec plus de 70 années de paritarisme, est bien entendu masqué par le brouillard de la Com’, faisant utiliser à toutes les sauces les termes de « bienveillance, de dialogue social, etc. » par les administrations à tout niveau.


-Quoiqu’au niveau de l’Éducation nationale, si ces termes ont été galvaudés comme ailleurs, les

déclarations lénifiantes et stigmatisantes de monsieur Blanquer ont clairementrevendiqué une

politique culpabilisante pour tout ce qui osait contester la ligne dictée: «islamo-gauchisme»,

«wokisme», «écran plat», ... pas besoin de longues phrases, tout le monde ici se rappellera le

contexte de chacun de ses mots blessants, infâmants, méprisants, et diffamatoires.

Parallèlement, monsieur Blanquer aura su développer et rétribuer avec largesse ses amis, comme l’abordait encore le Canard Enchaîné de la semaine dernière pour les associations «Agir pour l’école» et «Le Choix de l’école»-le poids des mots-gérées par l’ami du Président, Laurent

Bigorgne, directeur du très libéral think tank, l’Institut Montaigne. Rappelons-nous aussi le

tristement «Avenir lycéen», quand les représentant-e-s lycéen-ne-s ont été manipulé-e-s en les

embrigadant dans une organisation fantoche créée de toute pièce avec moults subventions pour

discréditer les organisations lycéennes représentatives, au moment où la jeunesse se mobilisait

contre la casse de leur baccalauréat. Vous vous souviendrez également des réponses coercitives

des forces de l’ordre, encore il y a peu aux portes du lycée Bréquigny de Rennes.


De plus, nous restons scandalisés par les centaines de millions que l’Éducation a rendu à Bercy

sous monsieur Blanquer. Car les réformes du 1erdegré sur les effectifs maximums en CP, par

exemple, qui auraient dû se voir accréditer d’un budget supplémentaire, ont été réalisées en

rabotant les moyens du 2nd degré.

En outre, ces financements ont cruellement manqué lors de la pandémie, ne serait-ceque pour

aider les collègues à s’équiper en matériel nécessaire pour accomplir leur métier en distanciel ainsi que les élèves pendant ces longs mois d’isolement. Après quoi, les moyens ont aussi manqué en aide éducative, technologique, sociale et psychologique, en cours dédoublés, et même en aide alimentaire pour certaines et certains confronté-e-s à une paupérisation forcée.

Ce ministre a été d’une incompétence magistrale durant la gestion de cette crise sanitaire,

accumulant les injonctions contradictoires balancées à la dernière minute dans les Médias qui

laissaient l’ensemble de la communauté éducative assumer des situations plus que tendues avec les élèves, les parents d’élèves et les collectivités territoriales.


Mais durant son pitoyable mandat, monsieur Blanquer animé par sa logique neuroscientifique

aveuglante, aura eu la solution à tous nos problèmes, surtout ceux causés par celles et ceux qui

auront osé le contredire et qui furent voué-e-s aux gémonies. La CGT ÉDUC’ACTION n’oublie pas

que des collègues sont encore poursuivi-e-s devant les tribunaux pour s’être opposé-e-s à ses

réformes bancales (comme l’illustre le revirement sur les maths de Macron candidat 2), que des

élèves et lycéen-ne-s continuent à être blessé-e-s pour avoir usé de leur droit à manifester.


Car la solution macronisto-blanquérienne est évidente, l’apprentissage à marche forcée pour

certain-e-s jeunes, pour d’autres, la marche au pas avec le SNU, à l’heure de la longue marche des réfugié-e-s ukrainien-ne-s dans l’attente de leur accueil inconditionnel dans notre pays comme annoncé.

Tic, tac, tic, tac, l’heure d’été bien avancée annonce bientôt le joli mois de mai !

Merci de votre attention.


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