Déclaration de la CGT Éduc'action Bretagne au Comité Technique Académique de Rennes du 20 janvier



Monsieur le Recteur, Mesdames, Messieurs,


Tout d’abord, la CGT ÉDUC’ACTION BRETAGNE souhaite à l’ensemble des personnels de l’académie de Rennes une « meilleure année 2022 » ainsi que la bienvenue à Mme Lamotte d’Incamps, nouvellement nommée Secrétaire Générale en notre paisible région armoricaine.

Mais si à l’Ouest tout est calme et que le front est tranquille à l’exception des jeudis noirs des 13 et 20 janvier, et de la grève interprofessionnelle du 27 janvier prochain, la CGT a pris la résolution assumée de continuer à se faire entendre et à soutenir tous les personnels dans les mobilisations et actions à venir pour la défense de leur bien-être et de leur outil de travail bien mis à mal depuis maintenant cinq ans déjà.


Car, exténué-e-s et à bout de souffle, les collègues n’arrivent plus à retrouver dignité dans leurs missions, ni même confiance en leur institution, tellement désorienté-e-s par une situation sanitaire chaotique dont ils et elles sont victimes et non responsables, que l’on finit par se demander qui est vraiment à l’origine de cette désorganisation et à qui profite-elle.


De plus, la succession express des derniers protocoles sanitaires, inapplicables par faute de temps ou tout simplement irréalisables par méconnaissance de la réalité de terrain, n’a pour but inavoué de ne plus protéger mais bel et bien d’atteindre rapidement l’immunité collective de la population en général et de la jeunesse en particulier, coûte que coûte. Bien entendu, foin de mea culpa gouvernemental, l’échec de la généralisation vaccinale en incombe prioritairement aux irresponsables citoyen-ne-s non vacciné-e-s. Un véritable comble au pays de Louis Pasteur, qui n’a malheureusement pas su être au rendez-vous de l’antidote à la Covid-19 !


Aussi, et dans l’attente des moyens de survie pourtant promis très prochainement, les collègues n’ont plus le coeur, ni la force à noircir leurs tableaux, ni les élèves à remplir leurs cahiers de savoirs quand les salles de cours, les restaurants scolaires et les internats se vident au quotidien, au gré de la disponibilité de tests en tout genre, de masques suffisamment protecteurs, de capteurs de CO2, de purificateurs d’air ou de gels hydroalcooliques insuffisamment renouvelés.


A contrario, le Ministre Blanquer, mutique et aphasique, persiste et signe en envoyant aux archipels scolaires une bouée de sauvetage budgétaire dégonflée, comme pour mieux les maintenir la tête sous l’eau.


Et, charge aux moins fébriles d’entre eux d’être suffisamment alertes et chanceux de se trouver au bon endroit car il en va des emplois à l’École comme des lits à l’Hôpital !

C’est pourquoi, les premières de corvée ATSS sans oublier les AESH et les équipes de Vie Scolaire de notre académie, reconnus personnels essentiels en rendant possible le maintien du lien social avec nos élèves et l’ouverture des écoles depuis le début de cette pandémie, ne trouveront pour tout écho à leur SOS lancé rue de Grenelle peu voire aucun soutien humain ou financier, dans le budget de rentrée 2022.


L’étranglement et l’asphyxie jusqu’à quand ?


Dès lors, comme il n’est pas coutume pour l’Éducation Nationale de tirer des bilans de ses propres réformes et autres mesures politiques éducatives mises en place, y compris par ce gouvernement notamment, et à l’aube d’une échéance politique cruciale pour le devenir des services publics de ce pays, la CGT ÉDUC’ACTION ne se trompera guère en clamant que celui du ministre Blanquer fut bel et bien catastrophique, prenant soin mais avec acharnement de claquer sa porte aux représentant-e-s élu-e-s des organisations syndicales dont il n’aura de cesse de mépriser en feignant de les écouter.


Alors, cahin-caha nous ne marchons plus sur nos jambes mais tout juste sur nos têtes, et s’il en est de l’importance des mots comme des symboles, le bazar pourtant réel dans lequel nous tentons de retrouver un sens à nos vies et à nos métiers, ne reflète non pas la pagaille organisée à dessein pour mieux réduire nos libertés pédagogiques mais revêt plutôt le visage d’un véritable marché, ou souk ultralibéral, renforçant un peu plus le tri social sous couvert du bien nommé Parcoursup qui finira d’achever la casse programmée de notre École.

À cela, il convient d’ajouter la gabegie des nouvelles modalités d’évaluations dans les lycées induisant de fait la déconstruction des diplômes nationaux réduits à leur plus simple apparat sous formes de blocs de compétences ou de spécialités acquis par les futures salarié-e-s plus flexibles que jamais et livré-e-s à un patronat décomplexé qui ne leur garantira plus la sécurité d’emploi. Une fois encore les LP sont en première ligne d’une guerre longtemps déclarée à l’excellence professionnelle.


Par conséquent, la CGT ÉDUC’ACTION continue d’exiger un plan d’urgence avec la création immédiate, massive et pérenne de postes de toutes catégories de personnel et des revalorisations salariales à la hauteur de nos qualifications et de notre investissement.

Enfin, si la misère semble moins pénible au soleil et dans l’attente des jours heureux, nous sommes au moins redevables au ministre Blanquer de nous avoir rappelé une destination de vacances apprenantes au grand air purifié des îles Pityuses, sans masque, ou avec palmes et tuba…alors cet été, Ibiza nous voilà !


Merci de votre attention.


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