CDEN du mardi 22 juin 2021- déclaration de la CGT Éduc’action 56


CDEN du mardi 22 juin 2021

DÉCLARATION CGT Éduc’action 56


Monsieur le Préfet, madame la Vice présidente du Conseil départemental, monsieur le

DASEN, mesdames et messieurs, l’année scolaire touche à sa fin… et nous espérons que

cette année reste une année « entre parenthèse » pour notre secteur d’activité en particulier,

mais aussi pour notre société en général…

Entre parenthèse, bien entendu, du fait des conditions sanitaires qui ont fragilisé

encore davantage les plus précaires de notre système éducatif, nous y reviendrons, mais

aussi entre parenthèse du fait de la direction prise par un Ministère, un Gouvernement, un

chef de l’État, qui n’ont de cesse de fracturer le cadre institutionnel et démocratique de notre

République sociale issue des combats antifascistes et anticapitalistes de 1940-45.

La Fragilisation des plus faibles… Cela concerne aussi bien les personnels que les

élèves.

- Ainsi, le refus du Ministère d’entendre les revendications des personnels AED pour qu’ils ne

soient jeté·es à la rue une fois la date fatidique des 6 ans d’ancienneté alors que leur

expérience constitue l’une des colonnes vertébrales du vivre ensemble fondamental au bon

fonctionnement de nos collèges et lycées.

- Pareillement, l’absence de considération pour les AESH – rappelons-nous le retard en

matériel de protection physique pour ces 1ers de corvée - alors que les besoins en inclusion

scolaire ne cessent d’augmenter proportionnellement au saccage de du médico-pédagogique.

Alors qu’il-elles subissent la dégradation de leurs conditions de travail avec les PIAL.

Pour ces personnels, la CGT Éduc’action demande qu’à véritable besoin soit créé un véritable

métier, c’est à dire des véritables formations, de véritables salaires, qu’on leur accorde enfin la

titularisation.

- Concernant les autres personnels, nous ne les égrènerons pas tous car cela deviendrait

fastidieux, mais :

- nous vous alertons sur le mal-être qui existe dans les écoles, où les professeurs des écoles,

les directeurs, les AESH, les ATSEM et personnels municipaux ont eu à jongler entre des

protocoles et la réalité de leur application, sans parler des affirmations médiatiques du ministre

qui venaient encore davantage semer le trouble. Nous espérons de tout cœur que la

pandémie soit enfin en recul et que nous puissions revenir à un enseignement normal, mais

les retards pris, particulièrement chez les élèves les plus fragiles socialement, n’ont pu être

récupérés, creusant encore davantage les inégalités scolaires… Et, sans même parler d’une

nouvelle vague épidémique, il nous parait nécessaire d’alléger les effectifs classe par des

créations massives afin de redonner à l’éducation nationale ce qu’elle devrait être : le ciment

qui permette à tout élève de pouvoir s’élever dans la société.

- nous vous alertons également sur l’inquiétude qu’on a à voir monsieur Blanquer

vouloir voir former les personnels de l’Éducation nationale aux « valeur de la République »,

lorsqu’il se dessine essentiellement sous cette appellation quasi laïque une stigmatisation des

personnes musulmanes ou supposées telles… Le séparatisme, hélas, existe bel et bien, il se

porte même très bien dans notre Morbihan, il s’agit de l’école privée qui peut s’affranchir des

règles nationales quand elle le désire. Mais sur cet aspect, fort étrangement, le gouvernement

n’apporte aucune opposition, voire même accélère son développement, comme le montre

l’ouverture prochaine d’une école hors contrat à Inguiniel, la 3ème sur le pays lorientais après

Les-Petits -Ruisseaux de Ploemeur (de type Montessori) et la très catholique Espérance

d’Hennebont.

- toujours dans le 1er degré, nous vous alertons sur la proposition de loi visant à créer « la

fonction de directrice ou de directeur d’école », aggravée par le Sénat le 11 mars, avec

l’approbation du Ministre. Les professeur-e-s des écoles n’ont pas besoin de hiérarchie

supplémentaire mais de collectif et de solidarité : c’est bien le modèle démocratique et

collégial des conseils des maîtres-ses, qui est menacé. Si la proposition de loi est ainsi

adoptée, elle bouleverserait en profondeur le fonctionnement collectif de l’école tel que nous le

connaissons et le revendiquons. C’est pourquoi nous demandons son abandon, car le métier

d’enseignant-e ne peut pas se pratiquer de façon solitaire et sous pression.


Dans le 2nd degré,

  • nous vous alertons sur l’épuisement des personnels, et le ressenti qui existe avec l’instauration trop souvent des 2h sup. comme norme et non comme variable d’ajustement.

  • nous vous alertons sur l’exaspération des personnels après 15 mois de scolarité sous masque, à effectif plein, ou subissant les récriminations de parents menaçant d’aller à la concurrence, qui, elle, s’est affranchie de la règle des demi-groupes dans les lycées, se vantant de vendre une formation plus sérieuse… Pauvre République de voir ainsi sapés les fondements de cohésion sociale, dont la mixité scolaire est l’un des ciments essentiels !

  • Nous vous alertons aussi sur le stress pour les personnels comme les usagers de notre Service public d’éducation…

  • Stress lié aux injonctions successives, contradictoires en fonction des apparitions médiatiques de notre ministre...

  • Stress lié aux incertitudes extrêmement tardives quant aux conditions d’examens, entraînant des mobilisations lycéennes qui n’ont rien d’anecdotiques sur le malaise qui sévit dans une jeunesse qui se sent – à juste titre – sacrifiée.

  • Stress pour les enseignants et personnels de direction face aux questions des élèves et parents quant aux modalités d’examens.$

  • Nous vous alertons sur la dévalorisation de métier d’enseignant, car après 25 ans de cure d’austérité et de « dégraissage de mammouth », l’Éducation et ses salaires au rabais inconditionnellement dus au gel du point d’indice, à ses dégradations des conditions de travail liées au système d’individualisation des carrières, au renforcement d’une hiérarchie de proximité, au développement des pratiques managériales, à l’ostracisation des organisations représentatives, etc.


Tous ces éléments aboutissent à la fragilisation de l’Éducation dispensée. Ainsi, dans notre département, l’absence de remplacement devient extrêmement préoccupante. Dernièrement, le dramatique décès d’un collègue de Maintenance des Systèmes Automatiques au LP Zola d’Hennebont risque de fragiliser cette formation… Idem pour le LP Guéhenno de Vannes où le remplacement par un contractuel d’un poste titulaire en chaudronnerie parti à la retraite, risque de ne pas aboutir du fait du salaire trop bas pour nos nouveaux collègues.

  • Nous vous alertons aussi sur le retour devant élèves d’anciens personnels enseignants bénéficiant d’un reclassement. Il s’agit là, certes, d’une opportunité communicationnelle permettant à monsieur Blanquer de se féliciter début septembre d’une rentrée réussie… mais combien sur ces collègues vont tenir le choc ? Et combien de temps ?

  • Vu le problème des remplaçants, cette rustine médiatique ne fera guère illusion … à moins que, machiavélique, il s’agisse d’une volonté de pousser des collègues en souffrance à la démission... Nous pouvons parler de mise en danger desdits personnels, et pourrions même parler de sabotage concernant le continuité scolaire. L’avenir nous le dira, et nous saurons le rappeler.

  • Enfin, la contre-réforme des retraites qui revient sur la table et promet aux personnels de travailler plus longtemps, avec des profs de 64 voire 65 ans… Cette nouvelle attaque sociale ajoute encore à l’exaspération de personnels, bien conscients qu’ils seront, comme la jeunesse et les salarié·es de ce pays, les sacrifié·es d’une France 2.0 qui n’a rien d’un rêve, mais plutôt d’un cauchemard : celui du libéralisme autoritaire affranchi des règles sociales.

Méfiez-vous, à autant saper un pays et briser la cohésion sociale, on finit toujours par

engendrer une colère qui, si elle reste jusqu’à présent plus ou moins contenue – ou réprimée -

n’en demeure pas moins réelle et bien ancrée dans la population, comme le montre

l’abstention des élections de dimanche dernier.

Face à tous ces constats, la CGT revendique :

  • Un réel bien être au travail et une liberté pédagogique qui permette aux personnels de s’adapter à leur élèves pour optimiser la réussite de toutes et tous

  • La titularisation des précaires

  • Des effectifs réduits en classe pour permettre à tout élève de progresser

  • Des salaires décents et le dégel du point d’indice accompagné d’une revalorisation

  • La fin des PIAL et une véritable politique de redressement de l’enseignement adapté et médico-pédagogique

  • L’écoute réelle des organisations représentatives, c’est-à-dire de véritables négociations et un droit de regard sur les mutations et carrières des personnels pour que la transparence remplace l’opacité.

Enfin, et là nous nous adressons directement à monsieur le Préfet, à qui nous

souhaitons la bienvenue dans notre beau département, nous vous alertons sur la mise à la rue

de nombreuses familles de migrant·es, et sur les expulsions éventuelles qui pour certaines,

sont une réelle mise en danger pour ces personnes, car la définition de « pays sûr » lorsqu’on

oublie ou minimise le poids des coutumes locales comme les dettes de sang en Albanie ou les

mafias en Moldavie, ne correspond en rien à la réalité de sûreté. Monsieur le Préfet,

solennellement, nous vous demandons un engagement à ne pas expulser d’élèves et à

permettre à ces nouveaux arrivants de s’insérer dans notre société en leur fournissant les

moyens suffisants – dont le logement.


Je vous remercie de votre attention.


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