Au-delà de la direction d’école...

Dernière mise à jour : 28 nov. 2021

En réformant à tout-va, en disloquant l’institution et les équipes, en individualisant les pratiques, les parcours professionnels et les carrières, le duo Macron-Blanquer abime profondément une École déjà malade. Une marche supplémentaire est aujourd’hui franchie avec l’expérimentation marseillaise sur la direction d’école annoncée par Emmanuel Macron lors de sa visite dans la cité phocéenne (sans aucun chiffrage) et la proposition de loi Rilhac.


Ces dernières attaques doivent se lire sous le prisme des directeur·trices d’école qui réclament depuis des années des moyens, du temps, des aides et de la considération pour travailler collectivement avec les équipes dans des conditions acceptables mais qui se retrouveront submergé∙es de nouvelles missions (dont l’encadrement ou l’évaluation) et sous pression hiérarchique permanente. Elles se lisent aussi sous le prisme de tous les autres personnels des écoles qui seront placés sous la coupe directe de «collègues» devenu·es leurs supérieur·es. C’est une complète modification du cadre et de l’outil de travail, du rapport au collectif, du respect de la liberté pédagogique et de son application.



Il y a une volonté gouvernementale conscientisée, assumée et constante d’exploser profondément toute l’institution en instaurant au plus près un contrôle des enseignant·es du premier degré. Il y a cette idée persistante que les actuels résultats des élèves sont le fruit du «mauvais» travail des personnels, de leur absence de motivation ou d’implication, mais surtout de leurs compétences pédagogiques ou disciplinaires supposées limitées. Il y aurait donc urgence à «reformater» des enseignant·es coupables de s’être perdu·es dans un pédagogisme néfaste aux apprentissages. Il faudrait donc imposer des outils de travail jugés performants et efficients pour les élèves, des pédagogies officielles dont l’application doit être surveillée par une chaine hiérarchique. Le tout devant être évalué régulièrement, qu’il s’agisse des élèves ou

des personnels…





Face à ce constat, la CGT Éduc’action doit porter son projet d’École qui s’oppose en tous points à cette machine à broyer les personnels et à les isoler. Portons la notion de collectif (mais aussi sa pratique) face à la dérive managériale. L’École n’a pas besoin de chef·fes mais d’un travail en équipe institutionnalisé avec un fonctionnement coopératif, une animation collégiale d’équipes étoffées et complètes et des décisions souveraines du conseil des maître·sses. Nos collègues doivent à nouveau pouvoir respirer et travailler sans les contraintes liberticides que l’on veut nous imposer. C’est pour cela que l’on doit s’opposer à la loi Rilhac et aux expériences Macron.


Jérôme SINOT



A lire dans le PEF 171 de novembre 2021


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